Les stéréotypies

Les stéréotypies sont une des manifestations de l’autisme. Elles sont incluses dans les critères de diagnostic, mais ces petites manies ne sont pas nécessairement pathologiques, au contraire! Elles nous permettent, à nous autistes, de nous centrer sur nous-mêmes, pour nous concentrer, laisser échapper la vapeur, explorer notre monde intérieur comme un référent ou un refuge, selon la situation. Ce sont des moyens de nous stimuler ou de nous calmer, bref de puiser en nous.

(À noter que quand une stéréotypie particulière relève de l’automutilation ou qu’elle fait du tort à d’autres, le geste mérite évidemment d’être encadré et l’énergie réorientée et canalisée autrement.)

La version en ligne du dictionnaire Larousse nous offre cette définition du mot stéréotypie : «Répétition d’une attitude, d’un geste, d’un acte ou d’une parole, sans but intelligible.» Pierre marchais (Glossaire de psychiatrie, Paris : Masson, 1970) la définissait comme suit : «Répétition prolongée, identique, immotivée et inadaptée aux circonstances, de mots, de mouvements, d’attitudes.»

En tenant compte de la nature clinique de ces définitions, ajoutons qu’il ne faut pas oublier l’expérience intérieure. À cet égard, les termes «immotivée» et «sans but intelligible» sont ambigus. Sans doute la stéréotypie est-elle perçue ainsi du point de vue de l’observateur extérieur. Mais en fait, bien que la motivation consciente soit souvent absente, le geste a bel et bien une raison d’être. Et il ne cesse pas quand l’autiste prend conscience de la stéréotypie; en fait, un autiste qui s’accepte et se comprend peut apprendre à employer ses stéréotypies de façon motivée : pour se calmer, pour se concentrer, pour exprimer sa joie ou son désarroi.

Les stéréotypies inoffensives, c’est typique des autistes. Et c’est très bien!

Parmi les stéréotypies les plus connues, mentionnons les mains qui s’agitent (le «flapping») ou qui tapent (pour stimuler le mouvement, l’ouïe ou le toucher), les gesticulations des doigts (seules, en faisant du bruit ou devant les yeux), les balancements, les tours sur soi-même. Elle peuvent aussi reposer sur des objets extérieurs à soi : les objets qui tournent, la musique, le jeu vidéo, la lumière. Elles peuvent aussi ressembler à de petites manies anodines : se mordiller les joues, la langue ou les lèvres, se ronger les ongles, se gratter, pianoter, chantonner, siffler, répéter des mots, se balancer d’un pied sur l’autre, faire les cent pas… Les stéréotypies sont diverses et parfois peu remarquées, mais ce sont leur nombre, leur répétition et leur intensité qui sont révélatrices. Et ce ne sont pas des tics… même si les autistes peuvent aussi avoir des tics!

Qu’elles soient évidentes ou discrètes, physiques ou perceptuelles, chaque autiste a ses stéréotypies. Tous les autistes n’ont pas les mêmes – à chacun sa propre façon de faire le pont avec son monde intérieur.

 

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s