L’adulte autiste est un adulte ordinaire

J’en ai plein mon casque des gens qui viennent expliquer les mécanismes des interactions sociales ordinaires aux adultes autistes de façon super condescendante, comme s’ils parlaient à des enfants. Comme. Fais pas ça. Vraiment. C’est un manque total de respect et un signe flagrant de discrimination. Présumer la compétence, ça te dit quelque chose?

Si tu penses que nos œillères sociales font en sorte que nous avons manqué une information et que c’est 1. important 2. utile et 3. bienveillant de nous le communiquer, super, go! Mais fais-le donc comme avec n’importe quel adulte, pas comme si tu parlais à un enfant de cinq ans. Sérieusement.

Je suppose que c’est difficile pour certains intervenants et supposés alliés de considérer les adultes autistes comme des personnes à part entière. Mais c’est nécessaire. La discrimination est parfois sournoise, comme ça.

L’adulte autiste n’est pas «autre». C’est un adulte ordinaire, à qui il est important de parler de façon ordinaire, avec respect, et qui comprend comme l’adulte ordinaire qu’il est, et à qui il peut manquer de l’information, comme à n’importe qui. Oui, la clarté de la communication est importante pour nous. C’est une bonne stratégie d’exprimer ce qu’on a à dire de façon explicite pour éviter les interférences et les malentendus. Mais jamais il n’est approprié de prendre ce ton du genre «pauvre toi, tu n’assimiles pas ces choses-là, alors je vais rendre ça simple, simple, simple, pour que tu puisses comprendre».

On a beau être autistes, ça ne nous rend pas cons. On comprend la condescendance, par la bande. Et comme n’importe quel adulte ordinaire, on trouve ça insultant de se faire parler comme à un élève de maternelle.

J’ai ajouté le tag «Féminisme» à ce billet. En effet, on se permet cette approche avec les femmes beaucoup plus souvent qu’avec les hommes. Les femmes auraient davantage besoin de se faire dire quoi faire? Tiens, tiens.

Considérer la personne comme une personne. Peu importe sa couleur de peau, sa neurologie, son genre, son orientation sexuelle, son âge ou tout autre trait identitaire. Ça a l’air simple, comme ça. Et ça l’est.

Mais parfois, ça demande de changer d’approche et de se demander, avant d’entamer la communication, si on considère l’égalité comme un fait acquis, ou si on se permet de prendre de haut la personne à qui on s’adresse, et pourquoi.

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2 thoughts on “L’adulte autiste est un adulte ordinaire

  1. Je trouve L’article très pertinent. Résidant en France, je fréquente certaines associations et j’ai effectivement constaté sur moi et d’autres justement les limites de cette aide humaine “pavée ” de bonnes intentions”. On est tout à fait capable, me semble il à l’âge adulte de comprendre que vivre ensemble signifie décrypter son environnement avant d’intéragir. Mais il faut un décodage, un déclic qui va permettre d’aller là ou les non autistes considèrent que c’est normal d’aller.

    Et pour avoir ce déclic et bien il faut expérimenter, se mouiller en fait. L’adulte autiste est une personne ordinnaire qui à toute sa place. Et il faut savoir que les non autistes entre eux ont du mal à se comprendre.

    Qu’autrui aide à déclencher le déclic, pourquoi pas quand c’est fait en consultation. Mais infantiliser, ca jamais.

  2. Pingback: Autisme, discrimination: faire progresser la société | Irma Zoulane

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