Harcèlement : la victime n’est pas responsable

En ce moment, il y a un article qui se promène sur les réseaux sociaux. Il est intitulé: «Sept compétences sociales clés pour aider les enfants atteints d’autisme à faire face au harcèlement» (référence à la fin de cet article).
Harcelement_upbility
Le titre, déjà, me semble farfelu. On sait qu’il y a une seule façon efficace de contrer le harcèlement: c’est d’apprendre aux enfants et aux adultes à ne pas le faire.

En effet, ce n’est pas aux personnes opprimées à prendre la responsabilité du harcèlement! Et puis enseigner les compétences sociales clés… compétences sociales… enfants autistes…

Je m’explique: dans cette liste, à part 5 et 6, et peut-être 4 de façon très simplifiée (dire non, et chercher de l’aide), les compétences sociales décrites sont complexes et difficiles à réaliser pour les personnes autistes, même pour des adultes. C’est exiger des exploits de la part des enfants, et leur ajouter de la pression dans une situation déjà difficile.

Je ne dis pas qu’outiller les enfants victimes de harcèlement n’est pas nécessaire ou utile, mais exiger d’eux qu’ils deviennent des espèces de Dr. Phil capables de gérer des situations sociales complexes et de résolution de conflit est peu aidant, voire carrément une validation de la violence subie.

Un exemple au hasard: «… les capacités d’empathie peuvent aider les enfants à évoluer dans le même environnement scolaire que ceux qui les ont harcelés.» Doit-on vraiment imposer à une victime de harcèlement qu’elle développe son empathie dans ce but? Est-ce aider l’enfant, ou lui apprendre à être une bonne victime? Est-ce que l’enfant n’a pas avantage à éviter le contact avec ses bourreaux si ce contact le fait souffrir? Voilà une compétence sociale utile. Le pardon s’apprend. La protection de soi aussi.

Au contraire, dans cet article, on dit à l’enfant: «C’est toi le problème, c’est toi qui dois changer, c’est ta faute.» Le message est nocif et mérite d’être revu, en remettant la responsabilité à tous les enfants et adultes de faire cesser le harcèlement, non seulement par des campagnes de sensibilisation, mais par une action vigilante et constante au quotidien. Car la source du problème est là, pas dans le handicap autiste.

Il y a deux compétences sociales qui me semblent essentielles pour toute personne, autiste ou pas, pour contrer le harcèlement ou l’intimidation:
– Apprendre qu’on a le droit de dire non quand notre jugement nous le conseille, et apprendre à exercer ce droit.
– Comprendre qu’en situation de violence ou de détresse, il est utile et nécessaire d’alerter des alliés de confiance (adultes ou pairs).

Ces points sont abordés brièvement dans l’article. Pour le reste, c’est digne d’un docteur en psychologie ou d’un adulte d’expérience, et encore, non autiste. Voici quelques perles: «il s’agit de reconnaître les émotions des autres» ou encore «il s’agit de reconnaître les intentions des autres pour être capable d’y répondre de manière adéquate» et même «il s’agit d’interpréter des signaux sociaux et d’en tirer des conclusions». On dirait que l’auteur de l’article ignore complètement ce qu’est l’autisme.

Imposer à l’enfant un stress supplémentaire en lui demandant de comprendre et d’appliquer des notions sociales complexes avant qu’il y soit prêt et, dans le cas des enfants autistes, qui reposent sur des capacités de perception le plus souvent limitées, c’est non seulement injuste, mais à mon sens, carrément irrationnel et dommageable.

Surtout et avant tout, on doit éviter de faire absorber à l’enfant l’idée qu’il serait responsable des violences reçues, simplement parce qu’il ne sait pas les gérer. Et lui remettre la responsabilité de gérer la violence subie, c’est lui faire croire qu’il en est responsable. Eh. La logique, hein? C’est comme ça.

Pour référence, voici le lien vers une copie archivée de l’article:
«Sept compétences sociales clés pour aider les enfants atteints d’autisme à faire face au harcèlement»
http://archive.is/EFspx

Modification 6 juillet – Un ajout pour clarifier le propos:

– Apprendre à un enfant autiste qu’il doit développer ses compétences sociales pour ne plus être harcelé… c’est comme dire à un enfant aveugle de mieux regarder pour ne plus recevoir les ballons que d’autres enfants lui lancent à la tête; ou dire à un enfant sourd de bien écouter les autres enfants pour s’assurer qu’ils ne se moquent pas de lui. La nature du handicap autiste est souvent à l’origine des moqueries et des mauvais traitements et surtout, empêche de bien s’en défendre. L’enfant développera peut-être éventuellement des compétences sociales qui lui permettront d’être plus sûr de lui et de refuser la maltraitance. Mais en attendant, il ne comprend pas, et pour lui montrer, il faut lui donner l’exemple et le protéger.

– L’enfant autiste qui passe déjà énormément de temps à essayer de comprendre les interactions sociales, et qui est découragé, et qui est harcelé, n’a pas d’énergie à investir dans une gamme de comportements défensifs. C’est soit l’un, soit l’autre. Est-ce qu’un enfant mérite d’être protégé, ou de passer tout son temps à prévoir et deviner les attaques potentielles? Apprendre la méfiance en tant qu’outil d’interaction principal n’est pas le meilleur moyen pour s’épanouir de façon positive. Protéger, protéger, pour que l’enfant se sente en confiance et puisse apprendre, à son rythme.

 

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14 thoughts on “Harcèlement : la victime n’est pas responsable

  1. Pingback: Harcèlement : la victime n’est pas responsable – our3extraordinarykids

  2. Bonjour, madame Zoulane. J’ai bien aimé votre article. Et à propos de cet article sur le harcèlement, j’y suis allée, et j’ai trouvé beaucoup d’erreurs, autant sur l’autisme que sur le harcèlement scolaire en général, et je sais de quoi je parle : je suis autiste, j’ai été harcelée l’année dernière et pendant cette année scolaire (avant les vacances d’été bien sur), en cours d’éducation morale et civique (EMC) qu’on peut simplifier en “éducation civique”, notre enseignante nous a parlé du harcèlement scolaire.
    Non seulement cet article fait véhiculer le message vicieux que “la victime est responsable du harcèlement et que si elle n’arrive pas à le gérer alors c’est de sa faute”, comme vous le dénoncez, mais elle véhicule aussi le message “Ce n’est rien, il faut juste que tu apprennes à le prévoir afin de te défendre”. Bien sûr, je peux exagérer, mais j’ai l’impression que cet article dise cela et cette phrase est aussi utile que “Ce n’est rien, il faut juste que tu te défendes”, c’est-à-dire pas du tout utile ! Ce genre de phrases est vicieux parce que cela suggère que la victime fasse tout ou presque tout par elle même pour arrêter de subir le harcèlement, ce qu’elle ne peut évidemment pas faire, ce qui est une bonne raison pour demander de l’aide, mais en plus cela minimise non seulement la gravité du harcèlement, mais aussi la souffrance de la victime. Je ne prétends pas savoir exactement ce que cela fait d’être harcelé(e) en milieu scolaire car cela dépend de l’individu qu’est la victime (je dis “la victime” mais il peut y en avoir plusieurs, c’est juste une façon de simplifier), de la durée et des circonstances du harcèlement, mais dans tous les cas, la victime souffre, et minimiser sa souffrance est très grave car cela ne peut que l’aggraver.
    En résumé, les rédacteurs de cet article n’ont pas vérifié leurs sources, ce qui équivaut à ne pas essayer de se renseigner sur l’autisme ni sur le harcèlement en général. Donc, selon moi, même les personnes harcelées qui ne sont pas autistes pourront trouver cet article non seulement nulissime, mais aussi choquant, blessant et révoltant.
    J’ai envie de faire comme vous, c’est-à-dire d’écrire un article à propos de cet article pourri comme vous l’avez fait. Je veux y énumérer des erreurs que j’ai pu y trouver, et il y en a vraiment beaucoup même si moi aussi je peux me tromper sur l’autisme et sur le harcèlement en général et même s’il peut avoir dans cet article d’autres erreurs que je n’ai pas repérées. Est-ce que je peux faire référence à votre article et peut-être recopier une ou plusieurs phrases en disant qu’elle(s) venai(en)t de vous, même si, bien sûr, je mettrai aussi et surtout mes propres mots dans mon propre article ? J’avoue qu’un jour, j’ai modifié un de mes articles en faisant référence à l’un des vôtres, mais là, c’est différent. Je vous demande cela car il s’agit de droit d’auteur.

    • Merci beaucoup pour votre commentaire et témoignage en écho, qui vient appuyer le propos et rajouter des arguments de taille.
      Je vous en prie, référencez, citez, pour que le message s’amplifie!

      • D’accord. Merci beaucoup, et de rien.
        Je vous ai demandé si je pouvais citer des phrases de votre article pour respecter le droit d’auteur dont le principe, il me semble, est de ne pas reprendre une/des image(s), une/des passage(s) de vidéo ou citer une/des passages de texte sans la permission de l’auteur(e), sans doute afin d’éviter le plagiat. J’en parlerai peut-être dans un article quand je l’aurai mieux compris.

      • Je veux dire que je ne vous ai pas parlé de TOUS les erreurs et incertitudes que j’ai ou qu’il me semble avoir remarqués, mais qu’il y en a vraiment beaucoup. Et pour la phrase “Donc, cet argulent peut-être juste mais il est incertain et sans preuve, donc il est invalidé.” en fait je voulais mettre “peut être”. Ceci n’est pas forcément évident donc je vais le dire pour au cas où il y ait des personnes qui n’en soient pas au courant : “peut-être” et “peut être” n’ont jamais le même sens. Là, vous voyez sans doute ce que je veux dire.

      • Après réflexion, je ne veux plus écrire un article pour critiquer cet article pourri. Premièrement, je voulais énumérer tout ce qui me semblait être des erreurs ou des incertitudes, ce qui veut dire que j’aurais fait plusieurs parties d’un même article (ce que j’avais déjà prévu quand je voulais le faire). Déjà que je mets généralement des jours à écrire mes articles qui sont souvent des pavés, alors faire cela serait encore plus difficile : je crois qu’il me faudrait des semaines voire même des mois pour faire ce que je voulais faire. Deuxièmement, il y a des choses dont je ne suis pas sûre, des doutes, et peut-être pour mon amour-propre j’aurais peut-être écrit des choses qui seraient blessants voire choquants pour d’autres autistes parce que j’aurais peut-être minimisé certains problèmes qu’ont certains autistes. Et troisièmement, il vaut mieux penser à autre chose plutôt que de rester obsédée par une chose négative.
        Mais je veux quand même vous parler de quatre affirmations au début de cet article qui, selon moi, sont des erreurs, mais il y en a deux dont je ne suis pas sûre et sur lesquels j’aimerai vous demander mon avis. Il y est d’abord dit à peu près “Alors que le phénomène de harcèlement scolaire s’accroit de façon surprenante”. Déjà, cette affirmation est dite sans preuve, et en plus, ce n’est peut-être pas ce phénomène lui-même qui s’accroit, mais le nombre de victimes qui s’en plaignent. Quand on y réfléchit bien, avant, le harcèlement scolaire était peu évoqué. Maintenant, il y a de plus en plus de gens qui se sont rendus compte de son existence, qui en parlent et qui arrivent mieux à y faire face. Donc, cet argument peut-être juste mais il est incertain et sans preuve, donc il est invalidé. La suite de la phrase dit qu’il y a eu des études ayant prouvés que les autistes seraient plus vulnérables au harcèlement scolaire que les neurotypiques. Je ne sais pas ce que vous en pensez ni si j’exagère ni si je dis ceci à cause de mon amour-propre que j’essaie parfois de sauvegarder, mais je trouve cela aussi idiot que de dire qu’un enfant noir est plus susceptible d’être harcelé qu’un enfant blanc, qu’un enfant roux est plus susceptible d’être victime de harcèlement scolaire qu’un enfant brun ou blond ou qu’un enfant homosexuel risque plus de subir le harcèlement scolaire qu’un enfant hétérosexuel. Je ne nie pas qu’on peut être harcelé pour sa couleur de peau ou de cheveux, pour son orientation sexuel ou pour son handicap social : ce serait même stupide de ma part de le faire. Mais premièrement, il est aussi possible qu’un neurotypique blanc, hétérosexuel et blond ou brun soit harcelé parce qu’il bégaie. Deuxièmement, on n’est pas forcément harcelé pour une différence qui fait peur. On peut aussi être harcelé pour cause de jalousie. Et troisièmement, dans tous les cas, il s’agit de différences. Or, nous sommes tous, sans exception, susceptibles d’être harcelés, donc c’est stupide pour moi de dire qu’un groupe risque plus d’être harcelé en milieu scolaire qu’un autre groupe. Et enfin, quels études affirment cela ? Ils ne disent pas lesquels, ils disent juste “des études” : ils n’apportent pas de preuve. Et puis, il y a des études qui ont abouti à des conclusions fausses voire hâtives. Et enfin, ils disent que des recherches ont montré que la vulnérabilité des enfants autistes au harcèlement scolaire est lié à leurs difficultés sociales. Comme pour la précédente affirmation, j’ignore encore ce que vous en pensez, si j’exagère et si je dis ceci à cause de mon amour-propre qui avait été atteint par cet article, mais je ne suis pas vraiment d’accord avec cette affirmation. Encore une fois, je ne nie pas qu’il y ait parmi les autistes de nombreuses victimes de harcèlement scolaire ni que parmi elles il y en a qui l’ont été parce qu’ils avaient des difficultés dans les situations sociales, mais pour moi, cette affirmation suggère que tous les autistes qui ont été harcelés en milieu scolaire l’ont été pour cela. Or, c’est faux. J’ignore encore pourquoi j’ai été harcelée, mais ce n’est sûrement pas parce que je suis autiste parce que chez moi cela ne se voyait pas du premier coup d’œil même si j’avais une AVS et parce qu’ils ne m’ont jamais demandé pourquoi une dame m’accompagnait dans ma classe. Je peux supposer que ce soit parce que j’étais première de la classe (je le suis encore), mais il y a peut-être une autre différence qui les gênait. Il ne faut pas généraliser. Donc, j’invalide cet argument. Après, ce n’est plus un seul argument en particulier, mais ils disaient que l’autiste devra développer son empathie. C’est vrai que nous avons du mal à identifier les émotions des autres, mais contrairement à ce que croient beaucoup de neurotypiques, nous sommes pourvus d’empathie, et dans différentes situations, soit nous en manquons, soit nous en avons assez, soit nous en avons trop, comme les neurotypiques même si le “balancement d’empathie” est peut-être plus marqué chez les autistes que chez les neurotypiques. Comme les neurotypiques, normalement, nous arrivons tous à nous retenir de brutaliser les gens. Et dans les situations de harcèlement, qui doit développer son empathie, la victime autiste ou les harceleurs ? J’ai une petite idée là-dessus (doux euphémisme). Je n’ai bien sûr pas parlé des erreurs et incertitudes sur l’autisme ni sur le harcèlement scolaire en général, mais j’en ai remarqué beaucoup.
        Cependant, sur mon blog, j’ai publié un court article intitulé “Ne jamais se laisser victimiser” où le message est que nous ne sommes pas rapporteurs/rapporteuses si nous dénonçons une personne qui nous fait du mal ou qui fait du mal à quelqu’un d’autre. Dans cet article, j’ai pris comme exemple le harcèlement scolaire qui est quand même une des situations les plus graves parmi celles où la personne nous fait du mal ou fait du mal à quelqu’un d’autre. Et je voudrai publier un article plus détaillé sur le harcèlement scolaire où j’expliquerai précisément ce que c’est, ce qu’en dit la Loi et ce qu’il faut faire pour que le harcèlement scolaire cesse. Mais même si j’aurai fait des erreurs là-dessus, au moins je serai allée me renseigner et vérifier mes sources. Et un autre détail à rajouter à propos du harcèlement scolaire en général, les rédacteurs de cet article disent que le harcèlement scolaire a toujours des signes avant-coureurs, mais inutile de préciser que c’est complètement faux.
        Et j’ai aussi publié un article sur l’absence d’empathie par rapport aux préjugés en essayant de démolir l’idée reçue selon laquelle les autistes n’ont aucune empathie. J’ai peut-être fait des erreurs là-dedans, mais ce qui est sûr, c’est que la croyance que les autistes n’ont aucune empathie est une idée reçue et que ce qui cause vraiment une absence d’empathie, ce n’est pas l’autisme lui-même mais les préjugés, donc autant vous dire que même des personnes dites “normales” en sont touchés.
        À propos des arguments sur lesquels j’ai eu des doutes, je me demande si j’ai minimisé des problèmes graves qu’ont certains autistes. Si c’est le cas, alors j’en suis désolée. Par contre, sur le fait que cet article dont vous nous aviez parlé est, comme vous le dites, complètement pourri, je ne changerai pas d’avis, je ne “me corrigerai” pas. C’est bien de donner des instructions aux victimes de harcèlement scolaire afin qu’ils puissent le savoir et demander de l’aide pour cela, mais les rédacteurs de cet article sont clairement à côté de la plaque. Il faut faire des recherches, bien sûr, mais il faut vérifier ses sources. Déjà, il vaut mieux aller dans des sites vraiment spécialisés, mais en plus, il faut vérifier si la vérité est leur premier critère.
        Si seulement tout le monde faisait cela. Ainsi, le monde irait bien mieux.

  3. Cela me rappelle une vidéo “TED”… (je ne sais pas s’il est possible de publier un lien dans les commentaires, mais il suffit de chercher un peu).

    Où l’on apprend aux enfants à répliquer aux phénomènes de harcèlement par des “flèches”, avec pour argument (en substance) que “de toutes façons, la vie est une succession de harcèlements” et qu’on doit s’y faire et donc fourbir ses armes pour se défendre tout seul… Je rapproche cela de cette posture consistant à enjoindre les victimes de harcèlement sexuel de cacher leur corps ou de se mettre aux arts martiaux, sous-entendant qu’elles sont responsables de ce qui leur arrive.

    Nous vivons une époque cynique qui déresponsabilise les auteurs d’agressions, par individualisme forcené, trouvant ses racines dans la culture existentialiste et, par extension, dans le lacanisme ambiant, qui a phagocyté la plupart des échanges inter-humains ; où l’agressivité est érigée en vertu (winner) et où la victime est montrée du doigt (looser) et n’a pas le droit de se plaindre sous peine d’être accusée de se “victimiser” (concept à la mode qui fait des dégâts). Or, de fait, une victime est une victime tant qu’elle lutte et ne veut pas se reconnaître en tant que telle. Et contrairement aux clichés, elle n’est plus une victime dès lors qu’elle s’identifie comme telle et ose se plaindre de ce qui lui arrive pour trouver des appuis, des alliés. Depuis quelques décennies, la mode est au renversement : la victime est accusée de l’être, et de plus on lui demande de gérer la situation ! On marche sur la tête.

    La seule parade qui vaille contre le harcèlement : c’est l’éducation et la sanction du harceleur. Rien d’autre.

    Merci pour cet article !

  4. Bonjour,

    Je trouve votre article intéressant, mais je ne lis pas dans l’article original la même chose que vous. L’article ne blâme pas la victime, il lui propose des outils pour réagir dans une situation difficile. C’est au lecteur de faire le tri dans ce qui correspond à chaque situation. Ce ne sont que des conseils, et qui, s’il ne s’applique pas à vous, peuvent s’appliquer à des gens ailleurs dans le spectre, qui est beaucoup plus vaste que vous ne le suggérez ici.

    Je trouve que vous extrapolez beaucoup : il n’est jamais dit que l’enfant autiste victime d’intimidation est responsable de ce qui lui arrive, ni qu’il est responsable de cette violence si il n’arrive pas à réagir. Il est primordial d’apprendre aux enfants à ne pas intimider, mais il est aussi important d’apprendre aux enfants à réagir s’ils le sont. Il ne s’agit en aucun cas de leur apprendre à être “une bonne victime”, mais simplement à reconnaître des situations où il sont à risque et à s’en protéger.

    Bonne journée !

    • Je crois que vous ne voyez pas le fond de mon propos. Pour l’essentiel, dans l’article auquel je réponds, on dit à l’enfant: «Arrête d’être autiste, ça règle le problème.»

      En effet, prôner un apprentissage de notions sociales complexes à des enfants qui ont un handicap en ce sens… ça n’a aucun sens.

      C’est aussi remettre à l’enfant autiste une responsabilité qu’il ne peut probablement pas prendre et qu’il ne devrait jamais avoir à porter, pas plus que les autres enfants victimes de harcèlement.

      Des outils pour mieux comprendre et se sentir moins à risque, et des moyens de soutien pour obtenir de l’aide, certainement. Mais lui imposer un apprentissage qui dépasse ses capacités, c’est peu réaliste et carrément cruel.

    • Pour illustrer:
      Je suis autiste. Ce genre de compétences sociales pointues que décrit l’article, j’ai commencé à les apprendre à presque quarante ans. Enfant, j’avais un seul moyen de défense à ma disposition: taper. J’ai vite compris qu’il ne fallait pas en abuser, même si ce moyen était efficace. Surtout, j’évoluais dans un milieu scolaire et résidentiel où l’intimidation et le harcèlement n’étaient pas tolérés.

      Probablement qu’il existe des enfants autistes qui ont de meilleures capacités que moi dans ce domaine. Mais je ne crois pas que ce soit un bon point de départ.

      Présumer la compétence, c’est bien. C’est même essentiel. Toutefois, présumer des capacités typiquement absentes chez les personnes autistes, c’est nier le handicap et risquer de mettre l’enfant en échec, voire d’empirer le harcèlement.

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